L’île intense mérite bien son surnom. En quelques kilomètres, on passe d’une plage de lagon à une forêt tropicale, puis à un volcan en activité. C’est exactement ce qui rend La Réunion addictive, et un peu déroutante à organiser. Voici ce qu’il faut savoir avant de partir.
Quelle période choisir ?
La question revient à chaque fois, et la réponse est assez simple. La saison sèche, de mai à novembre, reste la période la plus confortable pour explorer l’île. Les sentiers de randonnée sont praticables, le ciel se dégage plus facilement sur les cirques, et la chaleur reste supportable même pour les enfants.
L’été austral, de décembre à avril, correspond à la saison cyclonique. Ce n’est pas pour autant une période à éviter, mais il faut accepter des journées plus humides, surtout sur la côte est et dans les hauts. Les prix baissent, la foule aussi.
Combien de temps prévoir ?
Deux semaines, c’est le minimum pour voir l’essentiel sans courir. Avec moins de dix jours, vous allez devoir faire des choix et vous risquez de passer plus de temps en voiture qu’à profiter.
Trois semaines permettent de prendre le rythme de l’île, de faire quelques randonnées sans se presser, et de s’accorder des journées plage sans culpabiliser.
Se déplacer à La Réunion : la voiture, pas le choix
C’est le point que beaucoup de voyageurs sous-estiment. Les transports en commun existent, mais ils ne couvrent pas les hauts ni les sites naturels les plus spectaculaires. Sans voiture, vous êtes limité aux zones côtières.
Prévoir sa location de voiture à La Réunion dès la réservation des billets, c’est la bonne décision. Les véhicules partent vite en haute saison, surtout les 4×4 et les monospaces qui conviennent aux familles. Si vous atterrissez à Roland Garros, autant louer une voiture à l’aéroport de La Réunion directement à la sortie des bagages : ça évite les navettes et les pertes de temps en début de séjour.
Autre point pratique : les routes réunionnaises sont souvent étroites et sinueuses, et la circulation peut être dense aux heures de pointe autour de Saint-Denis ou Saint-Pierre. Se lever tôt pour prendre la route, c’est le conseil unanime de tous ceux qui ont fait le tour de l’île.
Les incontournables à ne pas rater
Le Piton de la Fournaise
C’est le rendez-vous que personne ne rate, et pour cause. Le Piton de la Fournaise est l’un des volcans les plus actifs de la planète, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO pour son intérêt géologique exceptionnel.
La randonnée classique part du Pas de Bellecombe. Comptez environ 12 km pour 516 m de dénivelé, soit en moyenne 5 heures aller-retour. Ce n’est pas une promenade de santé, mais c’est accessible à quelqu’un d’un minimum entraîné. Le sentier plonge dans l’Enclos Fouqué avant de remonter progressivement vers le cratère Dolomieu, sur un terrain volcanique noir, presque lunaire.
Le conseil numéro un de tout le monde : arrivez au parking du Pas de Bellecombe entre 4h et 5h du matin. Le lever de soleil depuis le bord du cratère est l’une des expériences les plus fortes de La Réunion, et vous redescendez avant que le brouillard de matinée ne déferle et ne bouche toute la vue.
Vérifiez toujours les conditions avant de partir. L’accès peut être fermé selon l’activité volcanique ou les arrêtés préfectoraux. L’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise publie le suivi en temps réel. Une éruption en cours ferme l’accès à l’Enclos, sans exception. Pour cette étape, passer au moins une nuit dans les Hauts est vraiment conseillé. Le village de Bourg-Murat, à proximité de la Maison du Volcan, constitue une bonne base avec des gîtes et chambres d’hôtes variés.
Les trois cirques : Mafate, Cilaos et Salazie
Ce sont les trois amphithéâtres naturels qui entourent le Piton des Neiges, également classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Chacun a sa propre personnalité, et ensemble ils forment le coeur montagneux de l’île.
Mafate est sans doute le plus impressionnant par son isolement total. Accessible uniquement à pied ou en hélicoptère, il s’adresse avant tout aux voyageurs prêts à s’engager physiquement sur plusieurs jours. Les ilets, ces petits hameaux perchés dans les remparts, n’ont ni route ni voiture. On y dort en gîte, on mange ce qu’on trouve sur place, et on repart avec l’impression d’avoir découvert un monde à part. Prévoir au minimum une nuit sur place pour en saisir vraiment l’atmosphère.
Cilaos se distingue par son accessibilité : c’est le seul des trois cirques relié par une route, une petite départementale spectaculaire qui serpente à travers les remparts avec des centaines de virages. Le village au fond du cirque propose des randonnées variées, des thermes, des vins locaux et une ambiance de montagne qui tranche avec le littoral. C’est souvent le meilleur point d’entrée pour les familles avec de jeunes enfants.
Salazie est reconnu comme le cirque le plus verdoyant. Son climat plus humide entretient une végétation luxuriante et des cascades particulièrement spectaculaires. Le village d’Hell-Bourg, classé parmi les plus beaux villages de France, mérite une vraie halte. Les maisons créoles y sont remarquablement préservées, et l’ambiance est douce, loin de l’agitation du bord de mer.
Réservez vos gîtes longtemps à l’avance, surtout en saison sèche : les places partent vite, notamment autour du Piton de la Fournaise et à Mafate.
Le lagon et les plages de la côte ouest
La côte ouest concentre les plus belles plages de l’île, protégées par le lagon. Saint-Gilles-les-Bains, l’Ermitage et la Saline sont les spots les plus fréquentés, avec des eaux calmes et peu profondes idéales pour la baignade en famille. C’est aussi le côté de l’île le plus ensoleillé, même quand la côte est prend la pluie. Un repère utile quand on planifie ses journées.
Hors des zones balisées, ne vous baignez pas en mer côté est ou sud. Les courants sont puissants et les accidents arrivent chaque année, y compris pour des nageurs expérimentés.
Les bassins et cascades de la côte est
Moins spectaculaire que le volcan, mais souvent le souvenir préféré des enfants. Les bassins de la côte est offrent des baignades en eau douce très accessibles. Le bassin Bleu est facile d’accès pour toute la famille. La cascade Niagara et le Grand Étang méritent aussi le détour si vous passez par la région de Saint-Benoît.
La route des laves, qui longe la côte sud-est sur des coulées figées, est un incontournable même sans sortir de la voiture. Le paysage y est lunaire, silencieux, avec la mer qui s’écrase en contrebas sur les roches noires. Une heure de conduite qui marque les esprits.
Quelques conseils pratiques
- Réservez vos hébergements longtemps à l’avance, surtout si vous visez les gîtes près du volcan ou dans les cirques
- Alternez les journées actives et les journées plus tranquilles, l’île se mérite mais elle se savoure aussi
- Prévoyez des vêtements chauds pour les hauts, même en été : il peut faire moins de 10 degrés sur les crêtes
- Emportez de la crème solaire et un répulsif anti-moustiques, deux basiques indispensables
- Goûtez aux rougails, carry et autres spécialités créoles dans les petits restaurants locaux plutôt que dans les zones touristiques
Ce qu’il faut retenir
- Mai à novembre est la saison idéale, surtout pour les randonnées
- Deux semaines minimum pour voir l’essentiel sans stresser
- La voiture est indispensable, à réserver dès que possible
- Piton de la Fournaise, cirques et lagon de l’ouest forment le triangle gagnant
- Se lever tôt le matin est le conseil numéro un de tous les voyageurs aguerris de l’île
FAQ
Faut-il un permis international pour conduire à La Réunion ?
Non. La Réunion est un département français. Votre permis de conduire français ou européen suffit.
Peut-on partir à La Réunion avec de très jeunes enfants ?
Tout à fait. L’île est sûre, le système de santé est le même qu’en métropole. Il faut juste adapter le programme : moins d’altitude, des randonnées courtes, et des plages de lagon pour les baignades sans risque.
La Réunion est-elle une destination accessible financièrement ?
Le vol représente le principal poste de dépense. Sur place, en alternant restaurants locaux et marchés, le budget repas reste raisonnable. L’hébergement en gîte est souvent moins cher qu’un hôtel, avec plus d’authenticité en prime.
Peut-on faire le tour de l’île en une semaine ?
Techniquement oui, mais ce n’est pas conseillé. Vous passerez plus de temps en voiture qu’à profiter des sites. Mieux vaut choisir deux ou trois zones et les explorer vraiment.
Quelle est la meilleure façon d’organiser son itinéraire ?
Le plus simple est de construire le parcours selon la géographie de l’île, plutôt que comme une liste de sites à cocher. Commencez par le nord, gardez la côte Ouest pour ralentir le rythme, puis prévoyez le sud et le volcan en milieu ou en fin de séjour. Cette logique limite les allers-retours inutiles et évite de perdre trop de temps sur la route.

